31.10.2009
BENJAMIN BIOLAY - LA SUPERBE EST LÀ

"La Superbe" s'écoute comme un film,
mais c'est de la musique."
Padam
Le nouvel album de Benjamin Biolay nous aspire du début au générique de fin, tel un fleuve qui charrie
des tonnes de sentiments et roule dans ses eaux, 23 nouvelles chansons comme autant de scénarios.
Il y a là des histoires d'amour rêvées ou déçues,
trois villes - Paris, Lyon & Buenos Aires -, un enfant, les tourments de l'époque et la mélancolie littéraire si élégante de l’auteur.
Il y a aussi beaucoup de lumière et bien plus de soleil que d’habitude.
" La Superbe " gronde comme un torrent généreux en liberté.
Benjamin Biolay - nouvelle vie, nouvelle " maison d'artistes" -
vise le haut de gamme. Pas du genre à céder à la facilité, l'œuvre est ambitieuse.
C'est justement ce que l'on aime chez un artiste.
Car la musique n'est pas une science exacte, elle se cherche.
Elle a besoin de talent et d'inspiration. Inspiré, Benjamin Biolay est un artiste qui maîtrise ses compositions, les enlumine d'arrangements recherchés en se jouant des cordes et des cuivres
qui donnent à chacune de ses chansons des contours et une dimension uniques.
Du style.Ses partitions sont nuancées, et les morceaux choisis.
Playlist :
Si le très jazz "La Toxicomanie " flirte avec Chet Baker et l'esthétique du film "Let's get lost " de Bruce Weber - déjà auteur de la pochette de « Trash Yéyé » - , plusieurs hymnes pop revisitent joliment le catalogue Factory et l'esprit de Manchester ,
dévoilant des amours de jeunesse pour Morrissey et New Order.
"L'espoir fait vivre " ou " Si tu suis mon regard " possèdent cette manière unique de mixer
la sensibilité du chant et l'euphorie énergique des mélodies.
On jubile quand les guitares intenses prennent le dessus et envoient la chanson française
titiller la pop britannique sur son terrain. Une pierre dans un jardin anglais.
L’atmosphère et le suspense tendu de "Miss Catastrophe" et son instrumental climatique sur beats hip-hop,
évoquent le soundtrack d'un film noir qui va mal finir.
C'est " L'affaire Thomas Crown" dans un remake punk. Dialogué avec Jeanne Cherhal, "Brandt Rapsodie",
ou l'autopsie du quotidien d'un couple qui passe de la passion au désamour
à coup de post-it collés sur le frigo, impressionne et glace le sang.
Ecrite pour sa fille et joué au piano, "Ton Héritage " ressemble déjà un classique bouleversant.
Très lumineux, rock et aérien, "Prenons le large" et son refrain épique balaye le spleen.
Arrivé la, on aura écouté et découvert la moitié de cet album, son cinquième et qui compte double. Car en faux dilettante
("... dilettante à temps partiel..." comme il le chante avec un sourire dans "Lyon presqu'île ")
et artiste infatigable à la création inassouvie, Benjamin Biolay offre encore du répertoire
et autant de chansons qui font de "La Superbe" son grand disque.
Un ami argentin, jeune homme moderne qui aime consulter le dictionnaire Littré sur son I-phone, m’apprend que la superbe est également le nom d’une variété de lys d'une grandeur inhabituelle.
"La Superbe" serait donc une fleur à la beauté éclatante ...
Si c'était une chanson, ce serait le chant de la Terre vue du ciel.
Thierry Planelle
septembre 2009
site Naïve.
http://www.naive.fr/#/work/la-superbe
Plus d'informations : la-superbe-t2846-15.htm
12:30 Publié dans Chanson Française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biolay, la superbe, naïve, album, année 2009




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